Prévisions économiques en conflit : Le ministère des Finances s’attend à un déficit de 3,2 % en 2026, tandis que des experts évoquent des perspectives plus sombres

Prévisions économiques du ministère des Finances pour 2026

Contexte général

Le ministère des Finances d’Israël vise un déficit budgétaire de 3,2 % d’ici 2026, accompagné d’une prévision de croissance de 5,2 % pour la même année. Toutefois, un groupe d’experts conseiller, opérant sous l’égide du ministère, exprime un certain scepticisme quant à ces prévisions optimistes. Ce forum, composé d’experts en macroéconomie issus des secteurs public et privé, a pour but d’évaluer l’état de l’économie israélienne et ses tendances futures dans le cadre des travaux de prévision du ministère.

Divergence des Prévisions

Lors de sa dernière prévision publiée en octobre, le forum a estimé que le déficit pourrait atteindre 4,8 % à la fin de l’année, un écart significatif par rapport à l’objectif du ministère. De plus, la croissance projetée aurait tendance à se stabiliser autour de 4,3 %, inférieure à l’estimation officielle. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a répondu à certaines préoccupations en doublant l’exemption de TVA pour les achats en ligne, portant le montant à 150 dollars.

Selon le forum, il est prévu que le taux d’intérêt de la Banque d’Israël atteigne 4,1 % d’ici la fin de l’année, après une légère diminution récente, tandis que le taux de la Réserve fédérale américaine est anticipé à 3,7 %. La majorité des experts s’attendent également à un renforcement du shekel par rapport au dollar et à l’euro dans les années à venir, influencée par divers facteurs tels que la baisse des taux d’intérêt et une augmentation des investissements étrangers.

Facteurs Influençants

Le forum a identifié plusieurs éléments pouvant influencer le ratio dette/PIB et le déficit, y compris les dépenses militaires, le niveau de croissance de l’économie, la politique budgétaire et la perspective des élections. Cette dernière a été en effet jugée différente par le ministère des Finances, qui semble minimiser son impact potentiel sur les prévisions économiques.

Opportunités et Risques

Bien que le ministère des Finances demeure optimiste, il reconnaît également les lourdes contraintes pesant sur l’économie, notamment la perte de PIB pendant les années de guerre, des taux d’intérêt élevés dus au déficit, et les conséquences tragiques de la guerre, y compris des pertes humaines significatives et un nombre croissant de citoyens blessés.

Les risques identifiés incluent la prolongation des mouvements internationaux hostiles, des difficultés pour les réservistes à se réintégrer dans l’économie civile, et des menaces financières dans le secteur immobilier. En parallèle, des opportunités émergent, telles qu’une reprise anticipée du marché dans certains secteurs comme la haute technologie, favorisée par des investissements accrus.

Transparence et Dynamique du Forum

Un point souvent soulevé concerne le manque de transparence entourant l’identité des experts du forum, ce qui pourrait rendre difficile pour le public d’évaluer les prévisions de manière critique. Les membres du forum contribuent anonymement, ce qui pose des questions sur d’éventuels conflits d’intérêts et l’objectivité des analyses fournies.

Le forum, établi en 2019 par Lev Drucker, ancien vstart-économiste en chef, a été pensé comme un lieu de partage d’idées entre différents acteurs du marché, afin de pallier le manque de perspectives variées, surtout en périodes d’incertitude économique. Drucker souligne que la structure informelle du forum représente un atout majeur en fournissant des aperçus du marché qui ne sont pas toujours pris en compte par le ministère.

La divergence entre les prévisions du ministère et celles du forum soulève des inquiétudes, particulièrement dans le contexte économique incertain d’Israël, après plusieurs années marquées par des conflits et des défis budgétaires.

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