« Baisse sans précédent de la croissance démographique en Israël: défis majeurs liés à l’immigration et à la fécondité »

Un nouveau rapport indique un changement significatif dans les tendances démographiques en Israël

Un ralentissement de la croissance de la population

Selon une étude récente menée par le Centre Taub, un changement majeur se dessine dans les schémas de fertilité et la croissance démographique d’Israël. Les prévisions indiquent que, d’ici 2025, le taux de croissance de la population pourrait tomber à environ 0,9 %, le chiffre le plus bas enregistré depuis la création de l’État. Ce déclin est en partie attribué à une émigration nette négative observée au cours des deux dernières années, ainsi qu’à une baisse constante de la fertilité chez les jeunes, y compris parmi des groupes qui, par le passé, avaient boosté la croissance démographique.

Des résultats préoccupants

Le titre de l’étude, « Un carrefour démographique », a été présenté par le professeur Alex Weinreb du Centre Taub. Il a expliqué que la croissance de la population en Israël était tombée en dessous de 1,5 % seulement à deux reprises depuis la création de l’État, en 1981 et en 1983. Le rapport prévoit maintenant que ce seuil sera cassé en 2025 avec une forte baisse à 0,9 %.

Une des principales raisons derrière ce déclin est l’émigration, qui est devenue significative ces dernières années. Contrairement à la tendance habituelle d’une émigration nette positive – où plus de personnes entrent que sortent – les années 2024-2025 pourraient marquer une tendance néfaste. Une part considérable des personnes quittant le pays provient d’immigrants d’origine russe et ukrainienne qui, suite à la guerre, ont décidé de partir peu après leur arrivée. Ce constat est renforcé par le nombre croissant de citoyens israéliens qui choisissent également de quitter le pays.

Baisse de la fertilité

Le rapport souligne également une tendance générale à la baisse de la fertilité à travers tous les sous-groupes de la population. En 2016, le taux de natalité à Israël était de 1,6 %, tandis qu’il pourrait descendre à 1,3 % en 2025. La population arabe, en particulier, montre une forte diminution avec un taux de natalité qui est passé de 2,1 % à 1,6 %.

Tendances spécifiques aux groupes démographiques

Bien que la longévité en Israël demeure élevée, avec une espérance de vie de 83,7 ans, cette dernière a été impactée par les événements récents du 7 octobre, surtout parmi les hommes. Le rapport de recherche indique une baisse de fertilité au sein de toutes les catégories de la population. Par exemple, parmi les femmes ultra-orthodoxes, le nombre moyen d’enfants par femme jusqu’à 34 ans a diminué de 5,9 à 5,1.

En regardant vers l’avenir, les chercheurs ont construit des prévisions sur le nombre moyen d’enfants que les femmes auront à la fin de l’âge de procréation (40-44 ans). Selon leurs modélisations, d’ici 2039, une femme ultra-orthodoxe pourrait avoir en moyenne 4,3 enfants, une femme religieuse 2,3 enfants, et une femme laïque 1,6 enfant. Bien que ces chiffres restent supérieurs à ceux de la plupart des pays occidentaux, ils représentent une baisse significative par rapport aux taux précédemment observés en Israël.

Vers un nouveau paradigme démographique

Le professeur Alex Weinreb conclut que nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère dans le développement démographique d’Israël. Selon ses dires, « la période de pointe de la croissance naturelle est derrière nous, accompagnée d’un bilan migratoire devenu instable, voire négatif ». Ces deux facteurs conduisent à un changement notable par rapport aux tendances passées.

Il souligne que la mise en place d’une politique d’immigration deviendra de plus en plus cruciale pour renforcer la croissance démographique d’Israël dans les décennies à venir. Cependant, des décisions politiques ne pourront être prises qu’une fois que l’on disposera d’informations détaillées sur les caractéristiques des Israéliens qui quittent le pays, ainsi que de ceux qui y entrent.

Le professeur Avi Weiss, président du Centre Taub, ajoute que les défis sociétaux et économiques auxquels Israël fera face à la fin 2025, après deux années de guerre, sont considérables, et que le rapport met en lumière des questions essentielles nécessitant une attention immédiate.

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