« La proposition de loi menaçante pour l’indépendance académique en Israël : Le gouvernement veut contrôler l’éducation supérieure »

L’initiative législative visant à réduire l’autonomie de l’enseignement supérieur en Israël

La proposition de loi de H’k Buarhon

La Knesset israélienne s’apprête à examiner une proposition de loi présentée par le député Abikhai Buarhon, du Likoud, qui entraînerait une réforme radicale de l’enseignement supérieur en Israël. Cette proposition vise à transférer de manière significative le pouvoir décisionnel de la Conseil de l’enseignement supérieur (CHE) vers le gouvernement, compromettant ainsi l’indépendance des institutions académiques.

Les principaux changements proposés

Pouvoir accru du gouvernement

La proposition offre au gouvernement le droit de s’approprier les prérogatives de la CHE et stipule que le ministre de l’Éducation pourra nommer et révoquer tous les responsables de la CHE ainsi que déterminer son budget. Le texte de loi propose également que la CHE perde son autonomie actuelle de la Commission de planification et de budget, s’exposant ainsi aux influences politiques.

Implications sur l’enseignement supérieur

Si cette loi est adoptée, elle pourrait engendrer une fuite des cerveaux et nuire gravement à la réputation de l’enseignement supérieur israélien à l’international. Les acteurs de l’éducation s’inquiètent des conséquences négatives sur la qualité et l’indépendance de la recherche.

Justifications de la loi

Dans l’exposé des motifs, H’k Buarhon évoque la nécessité d’améliorer la transparence et l’efficacité du contrôle public sur l’éducation supérieure, affirmant que la législation actuelle, datant de 1958, ne reflète plus les réalités contemporaines. Il propose ainsi un renforcement de l’influence du ministre de l’Éducation sur la CHE, considéré comme un moyen de rendre compte des attentes du public par ses représentants élus.

Effets sur les institutions académiques

La proposition inclut des dispositions permettant à la CHE de se dissoudre automatiquement avec l’entrée en fonction d’un nouveau parlement, suivie de la formation d’une nouvelle assemblée par le ministre. Cela transformerait la CHE en une entité politique, ce qui pourrait nuire à sa capacité à fonctionner comme un corps autonome, essentiel pour l’intégrité de la recherche scientifique en Israël.

Réactions et réflexions

La communauté universitaire a réagi fermement à cette proposition. Les présidents des universités, dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation Yoav Kisch, ont exprimé leur profonde préoccupation, qualifiant cette initiative de « radicale et sans précédent ». Ils ont appelé à un retrait immédiat de la loi, avertissant que si elle était adoptée, elle mènerait à la dégradation de l’enseignement supérieur et à une diminution de l’innovation, essentielle à la croissance économique du pays.

Appels à la mobilisation

Les représentants de l’enseignement supérieur ont également prévu d’organiser une grève d’avertissement immédiatement après l’approbation de cette loi par le comité des ministres, destinée à mobiliser l’opinion publique contre ce changement législatif.

L’issue de ce débat pourrait transformer le paysage de l’enseignement supérieur en Israël de manière significative, avec des répercussions à long terme sur la position du pays dans le monde académique international.

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