Le sort incertain de l’aéroport de Herzliya d’ici 2027
Fermeture imminente pour un projet immobilier
L’aéroport de Herzliya est prévu pour fermer en 2027 afin de faire place à un projet immobilier d’une valeur de 1,35 milliard de shekels, suscitant de vives inquiétudes concernant l’avenir de l’aviation légère en Israël. Actuellement, cet aéroport forme environ 80 % des pilotes civils du pays, tout en étant utilisé pour des essais militaires et des activités d’urgence. Il n’existe pas de solution de remplacement adéquate, étant donné que l’aéroport de Haifa n’est pas préparé, et que le projet à Hadera est au point mort. Les experts de l’industrie préviennent que cette fermeture pourrait mener à un effondrement des programmes de formation et à des répercussions sur la sécurité, risquant de reproduire l’erreur de l’aéroport de Sde Dov.
Un passionné de l’aviation face à l’incertitude
Menachem Granit, un ancien professionnel du secteur technologique de Jérusalem, a reçu un cadeau d’anniversaire inusité à l’âge de 35 ans : un vol d’essai sur un petit avion. Ce moment a marqué le début d’une passion qui, quinze ans plus tard, l’a amené à acquérir, avec des associés, un nouvel avion. Aujourd’hui âgé de 76 ans, Granit continue de voler et décrit ses expériences en disant : « Je peux voler le matin vers Larnaca, manger à une taverne, et revenir en quelques heures. Être dans les airs me fait du bien. » Cependant, avec la fermeture imminente de l’aéroport de Herzliya, il se voit contraint de vendre son avion. Bien qu’une alternative à Haifa ait été envisagée, les autorités ont déjà signalé que cet aéroport ne peut accueillir les avions actuellement basés à Herzliya, laissant Granit sans solution.
Conséquences sur la formation des pilotes
Le problème souligné par la fermeture de l’aéroport de Herzliya dépasse les intérêts des propriétaires d’aérstartfs privés. Comme le souligne Auri Aviv, président de l’Association de l’aviation générale en Israël, « il est erroné de considérer que l’aéroport est seulement un terrain de jeu pour quelques propriétaires d’avions. Très peu d’appareils y sont réellement stationnés. » La fermeture de cet aéroport entraînerait une perte significative dans la formation des nouveaux pilotes, forçant ainsi ceux qui désirent obtenir un brevet à se rendre à l’étranger pour leurs cours, avec le risque qu’ils ne retournent jamais en Israël.
Boris Wolch, propriétaire de l’école de pilotage Sky à Herzliya, annonce que l’absence de l’aéroport signifiera une « crise dans l’industrie ». « C’est l’unique endroit permettant une formation de pilote à grande échelle. Si cette infrastructure disparaît, il y aura très peu de nouveaux pilotes formés dans le pays » dit-il, ajoutant que d’importantes infrastructures pour d’autres types d’aviation, tels que les servstarts d’hélicoptères, risqueront également de souffrir.
Réponse des compagnies aériennes
Malgré les avertissements de l’industrie, les compagnies aériennes locales montrent peu d’inquiétude à propos de la fermeture de l’aéroport, arguant qu’elles pourraient gérer avec les alternatives que l’État pourrait fournir ou que leurs pilotes pourraient être formés à l’étranger. Aviv remet en question cette stratégie, évoquant les difficultés rencontrées lors de conflits, lorsque des pilotes israéliens se sont révélés indispensables pour effectuer des vols d’évacuation.
Impact économique et social
L’aéroport de Herzliya a été établi durant la guerre d’indépendance et a évolué vers des usages civils, notamment les écoles de pilotage civiles. Les rendements des activités économiques dans le domaine de l’aviation légère sont importants, dépassant les simples transactions auprès des pilotes. Les fermetures précédentes, comme celle de l’aéroport de Sde Dov, montrent les conséquences que de telles décisions peuvent avoir sur la connectivité nationale et le développement économique.
Engagement gouvernemental et procédures juridiques
Bien que la fermeture de l’aéroport a été décidée dans un cadre légal, avec des accords signés entre plusieurs ministères et autorités, les contestations juridiques persistent. Le 13 février prochain, la Cour suprême examinera une requête déposée en 2021, visant à suspendre la fermeture tant qu’une alternative viable n’est pas mise en place. Pendant ce temps, des entreprises liées aux activités aéronautiques subissent déjà des pertes considérables.
Perspectives et développement futur
Il est crucial de trouver un équilibre entre le développement immobilier et la préservation des infrastructures aéronautiques. Plusieurs voix s’élèvent pour demander que les feux soient levés sur la fermeture de l’aéroport de Herzliya jusqu’à ce qu’une solution alternative soit clairement définie. Le développement d’un aéroport dans la région d’Hadera, bien que proposé, fait face à des obstacles juridiques et communautaires, et peu d’avancées ont été réalisées.
En conclusion, la situation autour de l’aéroport de Herzliya met en avant des défis considérables pour l’aviation légère en Israël. Alors que l’État se prépare pour des développements immobiliers significatifs, l’avenir de la formation des pilotes et des opérations aéronautiques en Israël reste incertain. Les discussions et négociations doivent continuer pour assurer non seulement la croissance urbaine, mais aussi un avenir viable pour l’aviation civile dans le pays.