La gouvernement boycotte la séance de la Cour suprême concernant le limogeage de l’avocate générale
Un débat annulé
Ce lundi, la Cour suprême israélienne, constituée de sept juges, s’est réunie pour examiner les recours contre la décision du gouvernement de destituer Gali Be’erav-Miara de son poste d’avocate générale. Cependant, le gouvernement a choisi de boycotter cette séance, entraînant une conclusion rapide en moins de deux minutes. Le président de la Cour, Isaac Amit, a déclaré : « Sans représentation du gouvernement, nous ne voyons pas d’intérêt à mener un débat en l’absence de parties prenantes. Nous rendrons donc un jugement. »
Réactions du gouvernement
Le ministre de la Juststart, Yareev Levin, et son collègue, le ministre Amihai Shikli, ont réagi à la décision d’Amit, sans reconnaître son autorité. « Le juge Amit a raison de dire que la Cour n’est pas un théâtre. Par conséquent, nous n’étions pas disposés à participer à cette représentation absurde », ont-ils déclaré. Ils ont également affirmé que : « Aucun processus judiciaire ne devrait permettre à un fonctionnaire du gouvernement, qui a été démis, d’influencer la consultation juridique pour se défendre au lieu de représenter le gouvernement. »
Contexte de la décision
En août dernier, le gouvernement a voté à l’unanimité pour le limogeage de Be’erav-Miara, qui n’a pas assisté à la réunion, ni envoyé un représentant. Même le Premier ministre Benjamin Netanyahou était absent lors de ce vote. Levin avait alors souligné l’impossibilité d’accepter une situation où la Cour chercherait à imposer au gouvernement une conseillère juridique dont la légitimité était contestée et qui ne collaborait pas avec le cabinet.
En réponse, la Cour suprême avait émis un sursis temporaire, bloquant le limogeage jusqu’à une décision finale, et avait clarifié que le gouvernement ne pourrait porter atteinte aux prérogatives de l’avocate générale tant qu’aucune décision n’était prise. Le juge Sohlberg, alors président par intérim, avait affirmé qu’il ne fallait pas désigner un remplaçant.
Position de la communauté juridique
Peu après la décision du gouvernement, le procureur général, Amit Isman, a exprimé une forte opposition à cette mesure, qualifiant l’événement de « rare et inédit », remettant en question les fondements de l’indépendance du parquet et de l’État de droit en Israël. La juriste a également demandé à la Cour suprême d’ordonner un sursis à la décision du gouvernement, estimant que celle-ci ne devrait pas être politisée.
Ce développement souligne les tensions croissantes entre les institutions judiciaires et exécutives en Israël, avec la question de la légitimité du processus de nomination des conseillers juridiques au cœur des controverses actuelles.