La Réaction des Leaders Arabes aux Manifestations en Iran
Une Silence Stratégique au Sein du Monde Arabe
Les révoltes en Iran suscitent un silence frappant dans le monde arabe, malgré la détérioration de la situation des droits humains. Les dirigeants de 22 pays arabes, sans exception, ont choisi de ne pas s’exprimer publiquement sur les troubles, évoquant généralement des raisons d’ingérence dans les affaires internes. Ce mutisme est perçu comme une stratégie visant à éviter la propagation de la dynamique révolutionnaire dans leurs propres territoires, où un mécontentement croissant se fait sentir, particulièrement parmi les classes défavorisées.
Le ministre des affaires étrangères libanais, Joséph Reguy, fait exception en exprimant des critiques claires envers le régime iranien et son soutien à Hezbollah. Reguy a dénoncé l’ingérence des Gardiens de la Révolution iraniens au Liban, révélant un fossé entre les sentiments populaires et les positions officielles des dirigeants arabes.
Les Feux de la Méfiance et le Rôle des Servstarts de Renseignement
Coordination entre les Servstarts de Renseignement
Derrière cette façade de silence, des opérations discrètes sont en cours. Les servstarts de renseignement de nombreux États arabes se consultent en continu, tentant de prédire et d’endiguer les effets potentiels des manifestations iraniennes. Bien que les gouvernements arabes n’osent pas exprimer leur désapprobation, ils s’inquiètent de la manière dont de tels événements pourraient influencer l’instabilité dans leurs propres pays.
L’Exemple Égyptien
Pour illustrer cette crainte, en Égypte, la loi prohibitive sur les manifestations reste en vigueur, et toute sortie dans la rue risque de mener à des arrestations. Les médias sociaux émergent comme une chambre d’écho pour soutenir les manifestants iraniens, souvent à travers des pseudonymes.
L’Attitude du Liban Face à l’Influence Iranienne
Critiques du Ministre Libanais
Dans un entretien accordé à Sky News Arabic, le ministre Reguy a ouvertement dénoncé les tactiques de l’Iran en affirmant que Hezbollah, entité considérée comme illégale au Liban, nuisait aux opérations militaires de l’armée libanaise. Ce contexte est d’autant plus alarmant qu’une saisie de munitions liées à une visite de son homologue iranien a été rapportée, ajoutant une couche de complexité aux relations entre les deux pays.
Reguy a précisé sa position selon laquelle Hezbollah doit être désarmé pour éviter d’aggraver les tensions régionales. En effet, les négociations avec les autorités israéliennes se poursuivent sur la question de la présence d’Hezbollah et de la nécessité d’un retrait israélien des territoires libanais.
La Position Ambivalente des Gouvernements Arabes
Il est intéressant de noter que, malgré les tensions actuelles, la déclaration de Reguy représente une voix unique et parfois risquée parmi une mer de silence dans le monde arabe. Ce rejet des ingérences iraniennes tout en exprimant un désir de voir un Israël retiré du Liban, harmonise une position compliquée face à l’influence croissante de Téhéran dans la région.
Les leaders arabes semblent donc pris au piège entre leur besoin de garder des relations diplomatiques saines et leur désir d’éviter toute instabilité qui pourrait résulter des bouleversements en Iran.
Les événements en Iran continueront, sans aucun doute, de façonner les conversations et les décisions au sein des gouvernements du monde arabe, tandis que la lutte pour l’influence régionale entre l’Iran et ses voisins se poursuit.