La musulmane devenue la grande défenseuse d’Israël : « Je suis une antisémitique désintoxiquée »
Un parcours de transformation
Lors du congrès EJA en Pologne, Rawane Osmaane a partagé son parcours, passant d’une indoctrination antijuive à un soutien fervent pour le sionisme. « En un mot, je suis une antisémitique désintoxiquée », a-t-elle déclaré. Née d’un père syrien et d’une mère libanaise, Osmaane a grandi au Liban, où elle a été témoin de plusieurs guerres avec Israël. Elle a expliqué comment sa perspective avait été façonnée par une intense propagande antijuive. « J’étais même jadis admirative d’Hitler », a-t-elle avoué.
Le déclic est survenu dans la vingtaine lorsqu’elle a vécu parmi des Juifs en France. « Cette expérience m’a ouvert les yeux. J’ai compris à quel point nous avions été soumis à un lavage de cerveau intensif. » Cette prise de conscience l’a poussée à explorer l’histoire de la région, ce qui a ravivé sa colère face aux pertes humaines évitables. « Des milliers de vies auraient pu être épargnées si les Arabes avaient accepté de partager la terre », a-t-elle affirmé. « Cette attitude condescendante a conduit à un conflit aussi complexe. »
La nouvelle antisémite : après le 7 octobre
Osmaane a mis en lumière ce qu’elle appelle la « nouvelle antisémitisme ». Elle a évoqué des universités et des lycées où les étudiants sont conscients des souffrances juives tout en accusant les Juifs de commettre un génocide contre les Palestiniens. « Cela les amène à penser que les nazis avaient raison, ce qui est extrêmement dangereux », a-t-elle averti. « Cela commence avec les Juifs, mais cela ne finit jamais avec eux. À moins que nous ne réagissions, il sera trop tard pour nous tous. »
Des fusions inquiétantes
Lorsqu’on lui a demandé comment lutter contre la radicalisation, Osmaane a identifié deux menaces principales : les islamistes et la gauche radicale. « Cette haine émane de deux sources », a-t-elle expliqué. « D’une part, il y a les islamistes, qui souhaitent étendre l’islam à l’échelle mondiale, et d’autre part, la gauche radicale, qui a tendance à adopter une idéologie anarchiste. » Elle a décrit leur alliance comme « des mariages bizarres » qui représentent un grand danger pour tous.
Réactions face à son engagement
Osmaane a noté que les réactions les plus vives provenaient des militants de gauche radicale en Occident. « Je les regarde dans les yeux et j’ai le sentiment qu’ils deviennent fous. Ils me haïssent avec une telle passion… Parfois, ils se comportent comme des zombies. » À l’inverse, sa position suscite des émotions parmi les Israéliens. « Cela me fait mal de voir leur réaction », a-t-elle déclaré, observant à quel point ils sont habitués à entendre des Arabes les traiter de « juifs sales ». « Ils sont émus aux larmes de me voir à leurs côtés en disant : ‘Je suis une sioniste fière’. » Cette situation la touche profondément.
Un message pour le peuple juif et israélien
Interrogée sur ce qu’elle aimerait dire au public juif et israélien, Osmaane a souligné l’importance de l’histoire qui les entoure. « Si une ambassade israélienne peut exister en Allemagne et une ambassade allemande en Israël, tout est possible », a-t-elle affirmé. « Le peuple juif a survécu à des événements bien pires que le 7 octobre… Je suis convaincue qu’Israël gagnera. »
L’engagement d’Osmaane souligne la complexité des perceptions identitaires et des relations au sein du monde arabe et israélien, ainsi que l’urgence d’une lutte collective contre la radicalisation et l’intolérance.