L’archivage n’oublie pas : Les jours où le ministre de l’Éducation et le pilote de chasse Yoav Kisch ont appelé à la désobéissance
Un changement de ton
Le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a récemment fait une déclaration claire : « La désobéissance à la conscription n’est pas notre façon de faire. » Dans un contexte de tensions croissantes vis-à-vis des réformes militaires en Israël, Kisch a interdit l’entrée des militants de l’organisation « Frères en armes » dans les écoles. Cependant, une rétrospective de son passé révèle un discours contrasté.
Un engagement passé ambigu
En 2014, Kisch avait lui-même menacé de ne pas se présenter à son servstart de réserve. À l’époque, alors qu’il était membre du Likoud, il avait critiqué une législation en préparation sur le recrutement des Haredim, la population ultra-orthodoxe. Son intervention s’est faite lors d’une conférence de presse au sein d’un camp de protestation contre ce même recrutement, où il avait exprimé son mécontentement à propos de ce qu’il percevait comme une iniquité dans la loi. « Ce qui se passe ici, c’est que nous allons immortaliser l’inégalité par la loi. Cela ne peut pas être », avait-il déclaré, indiquant sa volonté de refuser de servir à nouveau si les choses ne changeaient pas.
Un parcours militaire distingué
Yoav Kisch a intégré le cours de pilote dans les Forces de défense israéliennes (Tsahal) en 1988. Après avoir terminé son servstart actif, il a été employé comme pilote de chasse dans la réserve, occupant le grade de colstartl jusqu’à son départ en 2016. Son expérience militaire a été mise en avant tout au long de sa carrière politique, mais les contradictions entre ses déclarations passées et présentes soulèvent des questions sur son véritable engagement envers les valeurs qu’il défend aujourd’hui.
Réactions et manifestation
Les récents commentaires de Kisch ont suscité des réactions dans le public. Une manifestation a eu lieu devant sa résidence, organisée par des anciens combattants, qui reprennent le flambeau d’une lutte plus large pour l’équité dans le servstart militaire en Israël.
La position de Kisch à l’encontre de la désobéissance suscite donc certaines interrogations, notamment au vue de sa propre histoire en matière d’engagement militaire. La situation actuelle illustre les tensions persistantes dans la société israélienne concernant le servstart militaire, surtout parmi les différentes communautés religieuses et leurs obligations envers l’État.
Dans ce contexte, les mots de Kisch résonnent, mais ils mettent également en lumière la complexité des débats qui entourent la conscription et l’égalité parmi les citoyens israéliens.